Le Chelem 6

L'Edito

J’ai le blues du retraité déconfiné 

Dès que le Covi a frappé, 
On nous a demandé de nous confiner.
Que l’on soit retraité ou en activité 
Il a bien fallu s’adapter.
On a cuisiné, astiqué, rangé, téléphoné
Regardé un peu plus la télé.
Bref, comme on nous l’a demandé,
On a fait acte de citoyenneté.

Mais maintenant qu’on est déconfiné 
Qui va le plus s’enquiquiner ? 
Nous tous, les retraités.
Pour nous, plus de ciné, de restau ou d’activités
Plus aucun lien de société.
Sous prétexte qu’on risque d’y passer,
On doit rester isolé,
Des amis, de la famille, se tenir éloigné
Bref, on nous vole nos dernières années
Si le Covi nous a épargnés, 
Accrochons nous pour ne pas déprimer,
Pour pouvoir tous nous retrouver
Jouer ensemble et voyager
Car BBO, funbridge etc….
Ce n’est pas la panacée.
On a besoin de se voir et de s’embrasser  ! 

Edith

 

CONTRETEMPS

Ah ! C’était le bon temps, le temps du confinement
Le silence régnait enfin dans les rues parisiennes
Plus de bruits de voitures martelant les pavés
Plus de rugissement des motos folles
Plus de cris et chants nocturnes des terrasses de café
Le silence, le calme, l’apaisement

Ah ! C’était le bon temps, le temps du confinement
Et une ville enfin propre
Des trottoirs dégagés sans déchets ni mégots
Ni plastiques ni mouchoirs ni déjections canines
Ni crachats ni bouteilles vidées de leur contenu
Paris propre, Paris calme, Paris libérée.

Ah ! C’était le bon temps, le temps du confinement
Et le temps de vivre enfin dans son foyer retrouvé
De se parler, de se regarder, de se voir à nouveau
Et le temps retrouvé, celui de lire, celui de penser
De faire le point, de jeter l’inutile

Ah ! C’était le bon temps, le temps du confinement
Moments propices à joindre tous ceux et celles
Qu’on aime ou qu’on oublie quand la vie suit son cours
Merveilleuses technologies qui permettent à tous
De se raconter enfin à distance informatique
20 ans plus tôt ceci n’aurait point été.

Ah ! C’était le bon temps, le temps du confinement
Et puis jouer au bridge sans se déplacer
Les journées filent vite et se répètent
Manger, boire, dormir, bridger quelques heures
Et voilà déjà demain et voilà déjà la fin
Prendre des nouvelles de ceux pour qui l’on craint
Et pleurer pour ceux qui sont partis

Ah ! C’était le bon temps, le temps du confinement

Alain

L'origine du bridge

Pour meubler cette période de confinement je me suis intéressé à l’origine du bridge. De fil en aiguille de nombreuses questions me sont venues à l’esprit : L’origine des cartes à jouer, la naissance de l’imprimerie et l’histoire du papier.

Avec l’aide de Wikipedia, j’ai retracé les différentes étapes qui ont abouti au bridge que nous jouons aujourd’hui. Certaines mauvaises langues diront « oui mais pas tous ! »

Le Bridge est une synthèse du Trump anglais, du Quadrille français, de l’Hombre espagnol et du Biritch russe3.

Au XIVe, les cartes à jouer arrivent en Europe depuis le Moyen-Orient, via l’Italie et l’Espagne. Au XVe, le principe de l’atout du tarot adapté aux cartes ordinaires est appelé « Triomphe », « Triunfo » en Espagne et « Trumpf » en Allemagne ; il devient le « French Trump » en Angleterre. Au XVIIe, le Trump est renommé Whisk, qui deviendra Whist en 1674. Aujourd’hui le Trump serait renommé Risk.

Plusieurs jeux de cartes comparables au whist sont répertoriés depuis le début du XVIe siècle. Ce sont tous des jeux de levées, par opposition aux jeux de points comme la belotte, avec beaucoup de variations mineures. Le whist devint le jeu dominant et compta de nombreux pratiquants pendant trois siècles.

Le Whist est exporté sur le continent en 1750, apportant les termes partenaires et chelem. 30 ans plus tard, les États-Unis développent une version « bostonienne » du whist, appelée le Boston, codifiant des enchères par levées.

La hiérarchisation des couleurs ♣ ♠ apparaît en 1810 dans une version appelée le Boston de Fontainebleau. Le sans-atout sera créé 8 ans plus tard.

Dans les années 1890, la possibilité pour le donneur de choisir l’atout devint populaire aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le jeu qui en résultait fut appelé bridge whist dont l’origine étymologique viendrait du russe biritch bien qu’il existe d’autres théories1. En 1904, se mit en place une phase d’enchères pour déterminer quel joueur désignera la couleur d’atout.

Sous la forme Biritch, le Bridge apparaît en Angleterre en 1885 : l’innovation distinguant ce jeu du Whist est la présence d’un jeu visible, appelé par la suite le mort, et de trois jeux cachés.

Le Bridge-plafond marqua en 1886 l’apparition des enchères entre les deux camps et de la prime spéciale pour l’équipe qui demande et réalise une manche. Dans la version Bridge aux enchères (ou Auction bridge) de 1890 (qui introduisit entre autres l’innovation du « contre d’appel »), le donneur désigne l’atout, ou passe pour laisser ce choix à son partenaire : cette action correspond à l’expression anglaise to bridge : « jeter un pont ».

Plusieurs hypothèses fondent le développement du bridge : il s’agirait par exemple de diplomates britanniques en poste à Constantinople qui auraient exporté le jeu en Occident. Dans les années 1880, il apparaît sur la Riviera française, où séjournent de nombreux officiers du Royaume-Uni, puis la décennie suivante aux États-Unis, les premières compétitions étant organisés à New York.

Le premier code officiel de bridge est rédigé en 1897. Grâce à des militaires anglais, il passe en Inde en 1904, d’où il revient avec un premier système d’enchères. Il est alors prisé par l’aristocratie et la haute bourgeoisie4.

Le jeu contemporain résulte d’innovations introduites par Harold Stirling Vanderbilt, qui emprunte beaucoup de ses idées ailleurs, notamment aux règles du commerce4. Il écrit les règles pour le bridge-contrat en 1925, en introduisant notamment la notion de « vulnérabilité », et cette forme devient rapidement dominante. On doit l’évaluation en « points d’honneur » à Milton Work et la modification de la marque à Sans-Atout à Ely Culbertson.

La dernière évolution du bridge dont nous bénéficions tous en cette période de confinement est l’apport de l’informatique et d’internet pour continuer à jouer de chez soi contre vents et marées.

Souhaitons nous retrouver le plus tôt possible tous autour d’une table !

Hubert